Auteur : Caroline

Comme quoi il est possible d'etre aristo et proche du peuple

Je vous ecris presentement de la salle informatique de la fondation Querini Stampalia, a Venise, qui est a mon avis un modele de bibliotheque. A l’origine, le batiment qui l’abrite etait un palais prive occupe comme tous ses petits congeneres venitiens par une famille de pur sang bleu. Lorsque le dernier membre de cette famille a eu la bonne idee de preferer les hommes aux femmes et donc de ne point enfanter, il decida de leguer par testament son palais, sa splendide collection de livres et sa fortune a la ville de Venise pour peu qu’elle s’engage a :

1. Faire de son palais un lieu de culture dans lequel on trouverait a la fois un musee, une bibliotheque, des expos, des concerts, etc.

2. Conserver ses livres et augmenter sa collection, en s’interessant particulierement a l’histoire de Venise

3. (le plus genial) Ouvrir la bibliotheque justement lorsque les autres bibliotheques de Venise sont fermees, et l’ouvrir a tous, sans denaturer le site.

En pratique, on trouve dans ce palais magnifique un musee, une cafeteria, une librairie, des cours de musique et plein d’autres choses, mais surtout une bibliotheque magnifique, dans laquelle une grande partie des collections est en libre acces, ou l’on rentre en se faisant faire une carte (gratuite et a vie) que l’on obtient quel que soit son niveau d’etude. Le must, c’est quand meme que les salles de lectures sont installees dans les anciennes pieces du palais, restees telles quelles. On travaille donc sur des tables en bois, sous l’oeil bienveillant des ancetres, dont les tableaux ornent les murs. Bien sur, l’acces a Internet est gratuit, on peut imprimer et scanner les documents (les siens ou ceux de la bib) et l’on dispose de 15 heures par mois, quand on veut. Le mieux est encore a venir : cette bibliotheque est ouverte TOUS les dimanches et TOUS les jours feries, jusqu’a 22h, ainsi que tous les jours de la semaine sauf le lundi jusqu’a minuit. Sachant que les autres bibliotheques venitiennes ont des horaires d’ouverture plus que restreint (le must etant le mardi et le jeudi de 9h a 13h), et qu’elles ne communiquent les documents (5 par jour, trois a la fois) que le matin, je tire mon chapeau au sieur Querini !

La pudeur du bibliothécaire

Ce matin, première expérience de service public au département de la musique. Il a donc fallu mettre en pratique le parcours du combattant que je décrivais dans mon précédent post pour expliquer à des lecteurs désabusés que si, c’était normal de chercher dans 3 fichiers différents et de ne pas forcément trouver…

Je me suis délectée en apprenant que le personnel de la BnF avait ses petites modesties, ce qui impliquait de parler de la cote “O cédillé” pour ne pas dire “Q”. Malgré tout, les conservateurs d’autrefois ne manquaient pas d’humour puisqu’ils ont attrbué cette fameuse cote Q au fonds… de musique légère !

C’est promis, si j’en apprends plus sur le politiquement correct en bibliothèque, je partegerai mes informations, en vue de la publication d’un guide à l’usage des prochains DCB !

Retroconversion mon amour

Evidemment, rue de Louvois, rien d’aussi exotique qu’en Angleterre, à New-York ou à Moscou, mais tout de même (d’ailleurs, on attend des nouvelles de Nouvelle-Calédonie et d’Angola !).

LE grand chantier du département de la musique, en ce moment, c’est la rétroconversion du fichier général. Il faut savoir que pour l’instant, les lecteurs qui veulent trouver un document doivent :

1. Aller voir dans Bn-Opale + s’il y est (ce qui est le cas s’il est entré à la BN après 1991 OU s’il s’agit d’une partition manuscrite d’avant 1800 dont le titre ou l’auteur commence par les lettres A-B-C-D-E-F-G – sans garantie pour les trois dernières lettres, encore en cours de traitement).

2. Aller chercher dans les petites fiches papier du fichier général.

3. Aller chercher dans les petites fiches papier du fichier du Conservatoire.

Bien sûr, il y a des exceptions, par exemple les lettres autographes qui se trouvent dans un fichier à part. Tout cela étant tout de même peu pratique, une grande entreprise de rétroconversion est en cours, qui concernera le fichier général (750 000 notices tout de même) et les lettres autographes. Le fichier du Conservatoire sera rétroconverti par la suite, vers 2012 en gros. Continue reading “Retroconversion mon amour”

Au milieu de nulle part…

Un stage à la Bn n’a rien d’exotique, certes… Mais pour ne pas être en reste et me sentir encore proche de mes petits camarades, j’ai profité de mes vacances en Inde pour rapporter quelques photos de bibliothèque.

Bibliothèque publique à Mandawa (350 habitants) La svastika n’a bien sûr rien à voir avec une quelconque orientation révisionniste du conservateur local…

Lecteur... Et il y a même des lecteurs (en hindi, j’ai pas bien compris s’ils atteignaient les 18% fatidiques…)

A part ça, le livre conseillé par Xavier me tente bien mais tout juste de retour de voyage de noces, je l’ai pris comme un mauvais présage ! En ce qui me concerne, je lis “Les enfants de minuit” de Salman Rushdie, que je ne connaissais pas, et c’est une révélation. C’est mené de main de maître, tambour battant, avec du suspense, de l’humour, de l’érudition et même du fantastique, bref, un bonheur !

Bon stage à tous, à bientôt sur le blog !