Semer

(la presque totalité des lignes qui suivent a déjà été soumise à mes collègues de la DCB 15, à l’interne ; je les poste ici pour ‘inaugurer’ la deuxième vie du blog : mes collègues voudront bien me pardonner mes radotages…)

Constat n°1 : le phénomène des Archives Ouvertes ne cesse de prendre de l’ampleur. Selon certains chiffres, 20% de la production scientifique mondiale est sous Archives Ouvertes, avec des domaines en pointe (la physique par exemple, qui a inventé les AO) à 90 % (dit autrement 90 % de la production scientifique dans certains domaines de la physique théorique se diffuse via les AO ; et vous pensiez que les AO, ce n’était pas sérieux…)

Constat n°2 : HAL, le dépôt AO du CNRS, est en train de grossir de plus en plus vite et va grossir encore (cf. le récent protocole CPU, Grandes Ecoles, grandes institutions de recherche pour faire de HAL LE dépôt français)

Constat n°1 + n°2 = dans de plus en plus de disciplines, la masse critique à partir de laquelle un dépôt en AO va de soi, est en passe d’être atteinte : les AO sont une révolution dans le système de diffusion de la recherche et de la pensée scientifique

Constat n°3
: l’un des freins au dépôt (mais ce n’est pas le seul) est le manque de validitation scientifique des AO (cf. le travail mené en mémoire recherche avec Jean-Louis Boutroy, Claire Giordanengo et Pascal Krajewski, disponible à l’ENSSIB et en version light sur HAL, le dépôt AO du CNRS)

Constat n°4 : les SCD ont une mission de diffusion et de valorisation de la production scientifique. Nous, conservateurs, avons donc cette mission.

Constat n°5 : il existe un modèle de revue dite overlay-revue ou épi-journal en français (c’est plus joli) qui consiste en :

  • * une revue greffée sur un dépôt d’AO
  • * qui sélectionne certains articles déposés dans ce dépôt
  • * va les soumettre à un comité de lecture
  • * et met en valeur les articles sélectionnés par le comité de lecture via un portail qui pointe vers ces articles dans le dépôt : l’épi-journal est en quelque sorte un simple bouquet de liens

Ce modèle, encore assez peu développé, associe la caution scientifique (le comité de lecture) à la logique des AO (des dépôts libres d’accès). Je suis intimement persuadé que ce modèle est participe de l’avenir de diffusion du modèle des AO.

Remarque technique n°1 : ce genre de revue se fait entièrement de manière électronique : gain de temps et d’énergie, coût quasi nul, pas de papier, pas d’imprimeur, même pas à courir derrière des contributions puisque tout est déjà dans l’AO

Remarque technique n°2 : nul connaissance particulière à avoir ; ça se gère en quelques clics, a priori, du côté des éditeurs de la revue.

De tout cela, je fais cette proposition : il faut monter des épi-journaux dans les universités ! Ces journaux d’un nouveau genre contribueraient à l’image des universités et des SCD, et à la diffusion des savoirs scientifiques. Qu’attendons-nous ?

3 thoughts on “Semer

  1. Oui ! Je propose un dictionnaire du Conservatlang en AO (l’Ecole des chartes a finalement préféré publier les comptes de je ne sais plus quel sinistre seigneur au tournant du XIVe siècle, cruelle déception).
    Tu connais des applications à installer sur un serveur qui gèrent spécifiquement le dépôt en AO et l’épi-journal ? Si oui je suis preneur, je propose d’ailleurs que le second semestre Enssib soit le semestre du “on fait pêter le serveur en installant des machins zarbi”, euh pardon, “le semestre où les conservateurs stagiaires transcendent les paradoxes dans l’expérimenation applicative, au mépris de l’intégrité physique des ordinateurs de calcul”.

  2. Des softs (libres évidemment !) pour implanter de l’OAI, ce n’est pas ce qui manque ! Citons les plus connus : DSpace, Eprints, CDSware, mais il y a de plus en plus d’outils qui proposent ou vont proposer des outils OAI-PMH (par exemple, Cinematic, bidule sympa sous plone/zope qui gère tout ça ; ORI-OAI en cours d’apparition ; il y a même un bidule, mod_oai, qui installe ça sous apache, c’est dire). Donc la mise en place d’un entrepôt, techniquement, ce n’est pas la mer à boire.

    Pour l’épi-journal, je n’ai pas creusé la question mais comme cela, à froid, ce n’est qu’une page pointant vers des ressources OAI disponibles dans un entrepôt (voir des exemples et ), et sélectionnées. Et ça, faire une page web avec des liens, on doit pouvoir faire… Même avec un blog, ça doit marcher 😉 A la limite, il est même possible d’avoir un épi-journal qui pointerait vers des entrepôts “extérieurs” du type HAL sans être hébergé sur place.

    (Pour le dico, normalement OAI concerne des articles scientifiques… Mais un chartiste, comme caution scientifique, c’est parfait ! )
    C’était le quart d’heure “on parle de trucs qui nous font passer pour des geeks alors qu’on ne comprends rien à tout cela” euh pardon “la conversation, enrichissante, avait pour but de redorer notre blason”

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