Europeana, ou quand la BnF défie Google

Lundi midi, dans les couloirs de la bibliothèque François Mitterrand, une foule de bibliothécaires, se hâte, le badge au vent, vers le petit amphithéâtre. L’affluence est telle (même les marches sont noires de monde) qu’on annonce rapidement que la séance sera retransmise en duplex vidéo dans la salle des commissions voisine. C’est donc sur un écran géant (ou presque), comme à la télé, que j’ai assisté non sans émotion à la présentation, par la directrice générale de la BnF en personne, d’Europeana, qui n’est autre que la Bibliothèque Numérique de l’Union Européenne, dont la BnF est officiellement le pilote depuis l’été dernier.

Après les préambules historiques et administratifs d’usage, suivis d’une intervention de M. Denis Bruckmann sur la politique documentaire qui devrait animer le projet côté français, nous avons pu découvrir en avant première, comme au cinéma, le prototype du portail internet d’Europeana : un design assez simple mais déjà clairement épuré et une interface entièrement modulable au moyen de différents éléments reprenant les services que l’internaute peut balader à sa guise sur l’écran. On nous a donc raconté l’aventure de Boris Frémont, employé de bureau passionné d’astronomie, qui découvre les collections en ligne et invite ses enfants et son copain prof d’histoire géo (car on a toujours un copain prof d’histoire géo) à participer à son groupe d’usagers.

Malgré les voeux de séléction et l’énoncé de thématiques prioritaires l’objectif est clair : atteindre le plus rapidement possible une quantité importante d’ouvrages en ligne. De 8000 par an en moyenne à l’heure actuelle dans gallica 1.0 (car Gallica 2.0 est sur le point de voir le jour), on devrait rapidement atteindre les 100 000 ouvrages mis en ligne par an, via des contrats passés auprès de prestataires de numérisation (en mode texte et non plus en mode image).

Il est encore trop tôt pour avoir un avis bien arrêté sur ce futur site, que j’ai pour ma part assez mal vu du fait de la retransmission en duplex (projection d’une présentation déjà elle-même projetée dans l’amphi) mais on sent déjà qu’Europeana s’est fixée un pari assez difficile : faire dans la quantité afin de contrer les millions de documents de Google ou tout au moins de ne pas être ridicule à côté, tout en conservant une interface sélectionnée qui laisse à penser à l’internaute que derrière le distributeur de savoir, il y a de temps en temps des humains qui mettent les fichiers dans les rayons. L’avenir nous dira si ceux qui ont alors protesté qu’hormis le choix documentaire préalable, le bibliothécaire est absent de ce nouveau service, avaient raison ou non.

En tout cas, vu le nombre de personnes présentes dans l’assistance pendant près de deux heures, ceux qui disent que les projets axés sur les nouvelles technologiques brassent de l’air mais n’intéressent personne peuvent aller se rabiller…

5 thoughts on “Europeana, ou quand la BnF défie Google

  1. Rien du tout mais on a quand même le droit de se baffrer au RA de la BnF (pour 2 euros si on est vraiment un goinfre sinon c’est plutôt 1,70 euro).

  2. Moauais… Il est vrai qu’une certaine personne abuse de la cantine de la Bnf. Pourtant il faut avoir du courage. J’y suis depuis 3 mois et franchement, faut vaoir le coeur acroché. Je sais qu’à l’enssib on est prêt à tout par désespoir, mais la cantine de la bnf, faut pas pousser non plus…

  3. Juste une précision : la BnF est pilote du projet pour la France seulement. Et la maquette proposée devra être acceptée par les autres Etats européens pour devenir le site d’Europeana.

    Et puis, pour ternir l’espoir d’une bibliothèque sans homme et sans poussière, il faudra des bras musclés pour sotir les 100 000 livres à numériser par an de leurs rayons et les mettre dans de jolies caisses de transport. Daniel, on t’attend comme tu as de l’entrainement !

  4. Bah, je veux bien aider si c’est pour numériser et laisser à terme les bouquins dans leurs caisses 🙂 Par contre, pour les bras musclés, il faut me laisser un peu de temps pour reprendre la muscu (c’était dans la fiche de poste ??)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *