Vive la semaine du goût !

Je m’excuse d’avance auprès de Solène, mais voici, à l’attention de Dominique, une nouvelle recette de la bibliothèque Carnegie pour susciter l’intérêt des lecteurs pour les fonds patrimoniaux, en l’occurence le fonds local d’une bibliothèque de province. 

Mercredi soir, tandis que dans ma petite chambre je m’arrachais les cheveux pour savoir quel agent de la bibliothèque risquerait sa vie pour sauver l’Evangéliaire slavon en cas d’incendie, un fumet appétissant me parvint du rez de jardin (oui, oui, comme à la Bn) et me rappela à une tâche plus sérieuse : assister à la conférence sur la gastronomie locale organisée à l’occasion de la semaine du goût. 

Le principe : un exposé sur les recettes les plus typiques de Champagne-Ardenne par deux des agents responsables du fonds local, photos à l’appui. Le tout régulièrement ponctué de réclame pour la bibliothèque, du genre : “Vous en saurez plus si vous venez consulter les ouvrages sur le sujet en salle de lecture”. Où l’on apprit, donc, que la ”cacasse à cul nu” est un plat ardennais à base de pommes de terre, confectionné dans l’ancien temps par les gens modestes qui ne pouvaient s’acheter de viande. Ou encore que le vin de Champagne (ne pas dire “Champagne” tout court !) est surnommé “le vin fou”. 

[Là, j’ai plié mon message toute seule, comme une grande…] 

Le public fort enthousiaste n’hésitait pas à apporter sa contribution et la conférence a vite tournée à un échange fort instructif sur les ingrédients nécessaires à la confection des pieds de cochon de Rethel ou sur les critères de choix d’un bon Chaource. 

S’en est suivi un petit jeu sur les expressions régionales ayant trait à la gastronomie. Les amateurs de dialectologie se sont régalés.:) 

Enfin, est arrivé le moment que tout le monde attendait : la dégustation des produits locaux. Je vous recommande tout particulièrement le gâteau aux biscuits roses et au chocolat. 

Mais peut-être ne faut-il pas en dire plus pour ne pas dégoûter ceux qui se trouvent dans des pays au patrimoine gastronomique moins réjouissant. C’est pourquoi je me contenterai, pour finir, de vous livrer les quelques réflexions que m’inspirent cette expérience : 

– Le public était visiblement ravi, donc la nourriture est un très bon produit d’appel (les effets sur la fréquentation de la salle de lecture et la consultation du fonds local sont encore à mesurer, mais je pense que cette conférence a attiré des gens peu habitués à fréquenter Carnegie). A quand donc les cours de cuisine en bibliothèque ? Je précise tout de même, parce que les questions de sécurité m’obsèdent un peu en ce moment, qu’il est préférable que ce genre d’activités se déroule loin de la réserve des livres rares. (Mais j’étais toute prête à fermer les yeux sur l’expérience de mercredi, pas si éloignée en fin de compte de l’Evangéliaire slavon.) 

– J’ai remarqué que certains membres du public étaient de nouveau présents hier soir à la bibliothèque pour la conférence des “jeudis de Carnegie” sur les livres de la Renaissance, où on les a fortement incités cette fois à venir en salle de lecture pour mieux apprécier les gravures sur bois du “Songe de Poliphile” ou les planches de la sublime édition de Gessner conservée ici. Espérons qu’il n’y ait pas de confusion et qu’on n’en arrive pas à des catastrophes telles qu’en évoquait Daniel (“Oups, j’ai fait tomber une fraise au Champagne sur l’édition de Vésale !”). 

Quoi qu’il en soit, difficile de se concentrer sur son travail en salle de lecture, où sont exposés les livres de recettes du fonds local les mieux illustrés… 

18 thoughts on “Vive la semaine du goût !

  1. Tout cela m’inspire des réflexions qui n’ont absolument rien à voir avec les fonds patrimoniaux, avec les bibliothèques non plus d’ailleurs. Afin de consoler les stagiaires lqui sont loin de nos provinces françaises, et aussi d’exploiter au maximum notre dissémination géographique, pourquoi n’organiserions pas un repas géant à la rentrée pour la promo avec des spécialités de nos lieux de stage? Un peu dans l’esprit du célèbre repas des provinces, que les chartistes auront reconnu…

  2. Pas plus tard qu’avant hier, j’ai vu des collègues faire de la pâtisserie dans la salle de réunion qui précède la salle de lecture, côté inaccessible au public. Rouleaux en mains et pâte sablée sur la table… (Pas étonnant qu’on se fasse recevoir dans la salle de lecture par un joyeux, mais sérieux “vous êtes-vous lavé les mains?”) Reste plus qu’à organiser ça avec le public, si je comprends bien !

  3. Voilà l’illustration exacte de ce que je pense : on n’attire pas les mouches avec du vinaigre 🙂 La “technique champenoise” du produit gastronomique qui s’avère être un produit d’appel n’est pas inintéressante !
    D’où cette proposition de module dans notre formation : “Cuisine bibliothéconomique”…

  4. Oui moi aussi ca me plait bien cette idee de repas, meme si je pense que je vous epargnerai le chocolat moscovite (avec des bulles dedans…) et le gateau au yaourt made in russia.

  5. Quand il s’agit de manger je suis toujours là. Je pourrais même rapporter des huîtres (production familiale) et du pineau de ma province natale!
    A la rentrée en décembre, ou à la rentrée en janvier?

  6. Ah ah je savais que mon appel finirait par trouver une oreille attentive! Sans doute qu’il faudrait en reparler avec tout le monde et faire un sondage plus large mais décembre me semble mieux car janvier ça implique de nourrir aussi les DCB 16. Niark niark! De toute façon il y aura d’autres réjouissances pour eux.

  7. pour les corn dogs, la description de wikipedia est assez précise (http://en.wikipedia.org/wiki/Corn_dog). je viens de me rendre compte que c’est également ce que mangeaient les Coréens lors des arrêts de bus, pour le goûter (en alternance avec les larves de vers à soie).
    finalement, manger les dcb16 me paraît une bonne option.

  8. N’empeche, Severine est a la pointe du progres : la “cacasse a cul nu” a fait tres recemment l’objet d’un reportage dans le journal de JP Pernaut, si, si !

  9. Ok, Amélie, je suis allée voir ton lien, je te dispense très officiellement de nous faire des corn dogs!! J’en tremble encore d’horreur…

  10. Séverine, alors là je suis dégoûté, moi, l’an dernier, je nai pas eu le droit à une conférence sur la semaine du goût…
    Maxence
    alors au final, qui sauve l’évangéliaire slavon. Moi, presonnellement, je ne le sauverais pas il est super moche

  11. Bonjour,

    Excusez moi pour une question bizarre –
    Vous ne savez pas si cet Evangéliaire slavon est il disponible en forme numérique ou est que c’est possible de commander une photocopie.

    merci de me repondre

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