Rétroconversion à Berlin, Munich et à la bib. nat. allemande

A la demande de Daniel, je colle ici un aperçu de la rétroconversion à Berlin (le lieu que je connais le mieux, augmenté de quelques données pour le reste), même si le tout n’a rien à voir avec mon actuel stage.

Die deutsche Bibliothek, depuis peu Die deutsche Nationalbibliothek (où va se réfugier l’influence culturelle française?), a un catalogue complet de 21 millions de volumes, recensant les collections de ses deux principaux sites: Leipzig (13,2 millions) et Francfort-sur-le-Main (7,8 millions). Il reste environ 1,2 million du Deutsches Musikarchiv qui ne sont pas compris dans le catalogue, parce qu’ils font l’objet d’un catalogue séparé.
A la Staatsbibliothek zu Berlin – Preußischer Kulturbesitz (10 millions de volumes), il y a encore un fichier papier, parce qu’avant la chute du mur, on ne pouvait pas savoir exactement ce qu’avaient récupéré l’une et l’autre bibliothèque. Evidemment chacune des deux bibliothèques issues de la Preußische Staatsbibliothek de son côté a fait un recolement, l’une en catalogant à nouveaux frais, l’autre en marquant d’un crochet rouge les catalogues anciens pour les parties qui n’ont pas été détruites par les bombardements. (Chose qui n’est pas très pratique puisque ce catalogue ne se consulte que sur microfiches en noir et blanc…).
La rétroconversion a été menée sur tout le catalogue depuis 1909, sur ce qui était à l’Ouest et sur une partie des catalogues pour les fonds d’avant 1909. Pour les livres avant 1945, il reste encore dans le catalogue informatique un certain nombre d’items marqués comme “peut-être perdu pendant la guerre” (ce qui signifie que la fiche a été rétroconvertie, mais qu’on n’a pas vérifié si le livre était présent) et inversément il y a encore de trop nombreux livres qui ne sont pas dans le catalogue électronique.
Normalement le recolement sera entièrement fini et tous les livres dans le catalogue informatique dans moins de cinq ans (mais un recolement de 10 millions de volumes, c’est évidemment un peu long).
Pour la bibliothèque de la Humboldt Universität (6 millions de volumes), les bibliothèques de sections sont globalement intégrées (pas de situation à la française, avec des bibliothèques miniatures en phase terminale, en revanche il y a quelques bibl. de départements qui n’ont pas fini leur rétroconversion). Néanmoins la rétroconversion de la bibliothèque centrale n’a pas concerné les fonds anciens (avant 1945 je crois). Les microfiches du catalogue sont accessibles dans toutes les grandes bibliothèques allemandes et le lecteur est invité à cataloguer le livre qu’il commande au moment où il le commande par la cote (au minimum auteur titre date).

Sachant qu’il y a une structure équivalent à notre ancien Myriade, qui recense tous les périodiques, la bibliothèque centrale a renoncé provisoirement à avoir les périodiques dans le catalogue général.

Même remarque que précédemment, avec 6 millions de volumes, et sachant que l’université était à l’Est avant la chute du mur, il y a encore du travail.

Pour la Freie Universität (8.5 millions de volumes), la situation est plus complexes et le catalogue informatique n’est disponible que pour les parutions après 1990. Avant il faut se contenter du catalogue alphabétique matière, numérisé en mode image. La rétroconversion est en cours, mais il n’y a que deux millions de volumes à la bibliothèque centrale, le reste est réparti dans environ 50 bibliothèques de département, ce qui rend le travail moins aisé.

Pour le reste de Berlin, il y a un catalogue collectif, le Berliner Gesamtkatalog, et pour les fonds d’avant 1990, la solution de la numérisation des fiches a aussi été appliquée.

A Munich, la Bayerische Staatsbibliothek conserve 9 millions de volumes, accessibles soit via l’OPAC tel que nous le concevons (pour tout de même près de 6 millions), soit par catalogue par fiches numérisées. A noter que l’Opac de la BSB sert également de catalogue collectif pour la Bavière.
A titre de comparaison, il faut rappeler les chiffres de l’ASIBU : la plus grande bibliothèque universitaire française en nombre de volumes est la BNU de Strasbourg, avec 1,322 million, suivie par la Sorbonne (1,267) et la BSG (1,309) puis par Montpellier (1,130). Ensuite on tombe à moins de 800 000, et très vite même à moins de 600 000 (ce qui laisse tristement songeur sur l’état des BU en France). La BnF annonce environ 11,5 millions de volumes.

One thought on “Rétroconversion à Berlin, Munich et à la bib. nat. allemande

  1. Merci Dominique. Ces infos, j’en suis certain, peuvent intéresser des visiteurs de notre petit blog. Et puis surtout, cela compense les bêtises que je peux raconter… 😉

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