Yahoo questions réponses

Depuis quelques semaines, les murs du métro parisien sont couverts d’affiches plus ou moins énigmatiques sur l’ouverture d’un nouveau service sur Yahoo : les questions réponses. Si comme moi vous avez été gavés depuis votre tendre enfance au Guichet du Savoir, voire à Sinbad pour les plus bnfisés, ces affiches (apparemment reliées par des publicités TV mais je n’ai pas la TV) auront sans doute piqué votre curiosité.

J’ai donc ce matin fait un tour sur ledit site dont je vous donne l’adresse : http://fr.answers.yahoo.com/

Le principe est simple : vous vous inscrivez, vos posez vos questions et vous répondez à celles des autres, dans tous les domaines. Il n’est nulle part fait mention d’une quelconque modération des réponses ou d’un quelconque contrôle. Qui plus est, les questions sont notées par les internautes et ceux qui ont répondu au plus de questions avec les meilleures notes gagnent des voyages, des ordinateurs, des places de cinéma… Je pense que cette stratégie pourrait être reprise dans les services de références en bibliothèque : le premier qui arrive à retrouver l’instrument de recherche pour dater les manuscrits disparus de la vallée de Kyrgyz gagne une intégrale de la Dewey dédicacée…

Ce qui donne lieu à certaines déviances. Par exemple, à la question “Comment devenir institutrice”, on trouve parmi les réponses, “s en fou de ta question ” ou “Prendre une carte du PS”, ce qui tend à prouver que certains internautes reprennent à leur compte la stratégie du “je réponds n’importe quoi” comme sur les affiches du métro, où un normand aviné répond à la blonde qui pose la question “comment redonner du brillant à mes cheveux”, “lavez-les avec du cidre”…

Pour la bonne bouche, je vous conseille cette question http://fr.answers.yahoo.com/question/index;_ylt=Ar78qOoZZDuMp4kROTOBDJ9hAgx.?qid=20060911100607AAL62hm

Pensez-y lorsque vous renouvellerez votre SIGB…

J’attends vos réactions !

14 thoughts on “Yahoo questions réponses

  1. Je dois t avouer qu etant tres loin de Paris ces affiches n ont pas pique ma curiosite. Mais merci pour ton mail d info. En fait c pratique ce blog on est informes des nouvelles bibliotheconomiques du pays. Ca tombe bien ca me manquait!

  2. A première vue, ca a l’air un peu n’importe quoi, ce nouveau service Yahoo. Mais après tout, Wikipédia fonctionne sur un principe similaire, et ca fonctionne plutôt bien. Peut-être manque-t-il un modérateur?
    Je te l’accorde, il n’y a pas de voyage à gagner sur Wikipédia.

    Mais tout ceci soulève une question fondamentale: qu’allons nous devenir, nous les représentants du savoir académique et encyclopédique, nous les spécialistes de la recherche bibliographique dans un monde où chacun devient l’artisan de son propre savoir? Servons-nous encore à quelque chose, nous les médiateurs du savoir et de la culture?

    … Je crois que je travaille trop :-)!

  3. 1/ La question de Cécile est LA question. Et j’ai ma petite réponse : soit on s’adapte rapidement, en proposant mieux pour moins cher, soit on est mort. Je crois que c’est aussi simple que cela. Parce que si on fait le tour de la question (et on en a discuté avec David S. tout récemment), il n’y a plus beaucoup de domaines où des pratiques ou des outils ne permettent pas de se passer de nous. Cet outil Yahoo en est un exemple. Il y en a d’autres…
    2/ Sur Wikipédia, je vois une grosse différence avec ce service, à première vue : Wikipédia est auto-modéré (tout le monde peut corriger) alors que ce service semble être une sorte de café du commerce où chacun énonce sa vérité (ce que je suis en train de faire, gloups…) sans que personne n’ait la main pour supprimer les conneries (contrairement à Wikipédia, encore une fois)… C’est une énorme différence. Sans compter que sur Wikipédia, il n’y a effectivement rien à gagner : cela évite sans doute certaines dérives.
    3/ On est un peu dans cette sorte de mode à laquelle je n’arrive pas à adhérer, du type tags et compagnie. Je reste sceptique, mais je crois en même temps à l’intelligence collective (du type Wikipédia, décidément…). C’est un paradoxe. Je vais y réfléchir… au café 😉

  4. A ton avis, même pour un voyage, y a t-il des gens prêts à se taper la lecture de la production de Marat pour toute l’année 1793? (pour ceux qui ne seraient pas Bnfisés comme Matthieu et moi, c’est apparemment ce qu’a fait un correspondant Sindbad pour retrouver une citation soumise par un lecteur). Mais devons nous en arriver à de telles extrêmités pour nous rendre indispensables?

  5. Vu le niveau des questions et des réponses, je vois pas bien en quoi ce service menace notre profession. C’est la lie de la bibliothéconomie, la fange du Web 2.0 ! (Comment ça, je me la joue grave ?) En tout cas ce ne sera pas difficile de faire mieux 😉

  6. 1/ Pour Cécile : pour un voyage, on peut faire beaucoup de choses… Cela dit, il y a aussi des malades qui se tapent la lecture de Marat sur 1793 par pur vice 🙂

    2/ Pour Manue : Certes, on peut facilement faire mieux, mais si personne ne le sait, ça ne sert à rien. Le danger, je crois, c’est que les usagers finissent par penser que les réponses sont à cet endroit et “oublient” de passer par nous. Le service ne nous menace pas, c’est sa visibilité qui peut le faire. Mais bon, mon argument est un argument de presque minuit et moi, je suis pas du soir… Le débat reste ouvert.

  7. pour les bnfisés (est-ce une maladie ? et si oui comment se soigne-t’on), et les autres, la situation à chercher était “il est temps que le despotisme temporaire de la liberté supprime le despotisme des rois”
    après quelques recherches (mais non le parcours attentif des oeuvres complètes), j’ai trouvé ça : Le 17 avril 1793, Marat proclamait « C’est par la violence qu’on doit établir la liberté, et le moment est venu d’organiser momentanément le despotisme de la liberté pour écraser le despotisme des rois »
    (http://www.amnestyinternational.be/doc/article3054.html)
    il s’agirait d’une réponse de MARAT aux députés qui accusent le Comité de Salut Public de faire preuve de dictature
    (http://histoire.geo.free.fr/Partenaire/Riffault/jr_2de_module_robesp.htm)
    on trouve aussi la date du 6 avril 1793
    Je vérifierai cela auprès de maratistes
    Est-ce que j’ai gagné un voyage ?

  8. Daniel ta réflexion est très juste. D’ailleurs, elle m’inspire une autre réflexion : quand on voit le nombre de gens qui ne savent pas faire une simple requête dans un moteur de recherche (“comment trouvé les site de blog intérésant” est assez fréquent dans mes stats) on peut supposer que ce genre de service, une fois indexé par Y! search, sera à même de fournir des réponses à ce genre de formulation de requêtes. Est-ce cela qu’ils ont en tête ?

  9. Bravo Jean-Charles !
    Tu as gagné un voyage en T2N7 pour aider Véronique à éponger la moquette (désolé cette blague ne peut être comprise que par ceux qui ont accès à Biblionautes, et oui nous sommes des malades de la BnF). A défaut de vahinés, tu pourras croiser de jeunes et beaux pompiers de Paris ruisselants de sueur en pleine action de pompage… Le rêve.
    Je pense que je vais encadrer “la fange du Web 2.0 !” au dessus de mon bureau, entre deux pots de confiture de figues. Merci Manue !

  10. hello, je voudrais poser une question con et que je ne veux pas poser à yahoo : qui est manue?

    autre chose : est-ce que c’est vraiment le boulot des bib de répondre aux questions, est-ce que ce ne serait pas plutôt un service développé pour justemen se rendre indispensable en créant une demande qui n’existait pas réelle,ent? et en disant ça, je ne veux pas dire que les guichets et autres ne sont pas une bonne idée, ou ne relèvent pas de notre job, simplement que ce n’en est peut-être pas non plus la substantifique moëlle…..
    mais bon moi : je dis ça mais je dis rien….

  11. Pour poursuivre le débat avec Manue : plus largement, je me demande sérieusement s’il n’est pas temps pour les bibliothécaires d’aller chercher leurs usagers sur ce genre de sites, de répondre à leurs questions et de les ramener par ce moyen vers de vrais professionnels (du genre Jean-Charles par exemple) et, du coup, les bibliothèques..
    En clair, je pense à des brigades volantes de Bibliothécaires chargés de faire des interventions sur des sites qui ne sont pas ceux de leurs institutions d’origine pour moissonner, non pas des métadonnées, mais des usagers !!
    Je crois, vraiment, qu’il va valloir aller au combat… S’adapter ou périr. Et je ne plaisante qu’à moitié. Debout, les bibliothécaires. Tous derrière moi !! Banzaï !!
    (C’est pas un beau projet que le mien ? Aller chasser l’usager sur les terres de Google…)

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