Mois : octobre 2006

libérez Séverine!

Chers collègues,

Comme le fait Matthieu, je vous transmets un article que j’ai trouvé dans un journal obscur dont je tairai le nom…

« Hier, devant la Médiathèque française de Pékin, les passants ont pu voir défiler un étrange individu *(un et demi selon les organisateurs*, aucun selon les autorités qui s’en tamponnent le coccyx), scandant les mots suivants : LIBEREZ SEVERINE M. Informations prises, celle-ci est retenue prisonnière d’une bibliothèque française. Il semblerait d’autre part que cela fasse deux mois qu’elle n’a pas pu manger. En effet, nous avons pu capter des mails déguisés où elle clamait sa faim (nous avons ouïe dire de tortures organisées à coup de champagne….). Les responsables de son internement lui font du chantage au réchaud : elle ne peut pas faire réchauffer ses pithiviers car cela déclencherait l’alarme incendie, puis l’arrosage automatique et elle n’a pas de congélateur !!!!! (Ces mots peuvent sembler étranges mais d’après nos sources les bibliothécaires les comprennent…..). Nous devons secourir Séverine ! Certes c’est une chartiste. Mais n’accusons pas tous les chartistes d’être des contre-bibliothécaires.

A quand un pont aérien pour la nourrir ?

La semaine prochaine notre reportage à la bibliothèque de Stbip Gbip. où une bibliothécaire accusée de chartisme purge sa peine de rééducation par le travail manuel.

* notre envoyé spécial parlemente pour une photo….

* les organisateurs comptent le manuel Dewey comme un être à demi-part, c’est lamentable !»

Voilà, cet article m’a bouleversé. Si un pont aérien est organisé ; faites-le moi savoir, j’enverrais des nouilles sautées.

raphaëlle

PS : sinon tout va bien,

Je mange avec des baguettes
Je dépense pas trop de sapèques
Je travaille à la médiathèque
Et pour Gryphe je reviens
Je dédie ça à la coquette

J'aime pas les livres

Ce mercredi, comme nous manquions de personnel et que les futurs enseignants qui sont à l’IUFM devaient être en vacances ce soir, je me suis proposé de donner un coup de main à mes collègues bibliothécaires qui craignaient (à juste titre) un afflux d’usagers venant faire le plein de lecture pour lesdites vacances. J’ai donc quitté mon cher ordinateur et le non moins cher ENT afin de mettre les mains dans le cambouis. Funeste erreur…

Puisque je ne connais pas bien le fonds (très spécifique) et que j’aime pas les gens, j’ai décidé de remettre en rayons les ouvrages qui rentraient par wagons entiers (le futur prof se rassure en lisant beaucoup de littérature professionnelle, des trucs inimaginables), et ce de 13h00 à 19h00, afin de mettre à la disposition de la communauté mes petits bras musclés. Voici le bilan des courses et mes modestes réflexions, cependant que je repose mes pauvres pieds dans une bassine d’eau glacée : Continue reading “J'aime pas les livres”

Europeana, ou quand la BnF défie Google

Lundi midi, dans les couloirs de la bibliothèque François Mitterrand, une foule de bibliothécaires, se hâte, le badge au vent, vers le petit amphithéâtre. L’affluence est telle (même les marches sont noires de monde) qu’on annonce rapidement que la séance sera retransmise en duplex vidéo dans la salle des commissions voisine. C’est donc sur un écran géant (ou presque), comme à la télé, que j’ai assisté non sans émotion à la présentation, par la directrice générale de la BnF en personne, d’Europeana, qui n’est autre que la Bibliothèque Numérique de l’Union Européenne, dont la BnF est officiellement le pilote depuis l’été dernier.

Après les préambules historiques et administratifs d’usage, suivis d’une intervention de M. Denis Bruckmann sur la politique documentaire qui devrait animer le projet côté français, nous avons pu découvrir en avant première, comme au cinéma, le prototype du portail internet d’Europeana : un design assez simple mais déjà clairement épuré et une interface entièrement modulable au moyen de différents éléments reprenant les services que l’internaute peut balader à sa guise sur l’écran. On nous a donc raconté l’aventure de Boris Frémont, employé de bureau passionné d’astronomie, qui découvre les collections en ligne et invite ses enfants et son copain prof d’histoire géo (car on a toujours un copain prof d’histoire géo) à participer à son groupe d’usagers. Continue reading “Europeana, ou quand la BnF défie Google”

Au menu dans la presse…

Dans Metro, édition parisienne, aujourd’hui, en page 12, un article (minuscule parce qu’il ne faut pas trop pousser quand même) sur la réouverture de la nouvelle BU de Dauphine. L’article retient les infos essentielles: tout d’abord que la BU a été inaugurée par Delanoë (tout le monde sait qui s’est donc on précise pas) et Huchon (là on précise qu’il est vaguement et par intermittence président de région), ensuite que la BU est ouverte 59h par semaine (ça sent l’info donnée par un conservateur parce qu’en général qui à part nous, et encore moi j’ai du mal, voit ce que ça veut dire en terme d’ouverture journalière ?), qu’on peut y accueillir 600 paires de fesses et, comble de la nouveauté, qu’on a le wifi (trop has been quand on sait que même à l’Ecole des chartes on l’a depuis trois ans). Plus compromettant, “une bibliothécaire” déclare “même les étudiants sont plus respectueux du matériel”. Est-ce à dire qu’à l’occasion, le personnel aussi se livre à des actions de vandetta sur le matériel de l’Etat ? Je n’ose y penser…

Dans Courrier International, Continue reading “Au menu dans la presse…”

Comme quoi il est possible d'etre aristo et proche du peuple

Je vous ecris presentement de la salle informatique de la fondation Querini Stampalia, a Venise, qui est a mon avis un modele de bibliotheque. A l’origine, le batiment qui l’abrite etait un palais prive occupe comme tous ses petits congeneres venitiens par une famille de pur sang bleu. Lorsque le dernier membre de cette famille a eu la bonne idee de preferer les hommes aux femmes et donc de ne point enfanter, il decida de leguer par testament son palais, sa splendide collection de livres et sa fortune a la ville de Venise pour peu qu’elle s’engage a :

1. Faire de son palais un lieu de culture dans lequel on trouverait a la fois un musee, une bibliotheque, des expos, des concerts, etc.

2. Conserver ses livres et augmenter sa collection, en s’interessant particulierement a l’histoire de Venise

3. (le plus genial) Ouvrir la bibliotheque justement lorsque les autres bibliotheques de Venise sont fermees, et l’ouvrir a tous, sans denaturer le site.

En pratique, on trouve dans ce palais magnifique un musee, une cafeteria, une librairie, des cours de musique et plein d’autres choses, mais surtout une bibliotheque magnifique, dans laquelle une grande partie des collections est en libre acces, ou l’on rentre en se faisant faire une carte (gratuite et a vie) que l’on obtient quel que soit son niveau d’etude. Le must, c’est quand meme que les salles de lectures sont installees dans les anciennes pieces du palais, restees telles quelles. On travaille donc sur des tables en bois, sous l’oeil bienveillant des ancetres, dont les tableaux ornent les murs. Bien sur, l’acces a Internet est gratuit, on peut imprimer et scanner les documents (les siens ou ceux de la bib) et l’on dispose de 15 heures par mois, quand on veut. Le mieux est encore a venir : cette bibliotheque est ouverte TOUS les dimanches et TOUS les jours feries, jusqu’a 22h, ainsi que tous les jours de la semaine sauf le lundi jusqu’a minuit. Sachant que les autres bibliotheques venitiennes ont des horaires d’ouverture plus que restreint (le must etant le mardi et le jeudi de 9h a 13h), et qu’elles ne communiquent les documents (5 par jour, trois a la fois) que le matin, je tire mon chapeau au sieur Querini !

Qui suis-je ?

1/ La personne qui gère Internet toute seule…. Vous pensiez que derrière vos écrans, des ordinateurs s’occupaient des flux, des images, des sons ? Des clous, oui, c’est cet homme qui a la main sur tout cela ! Et c’est du boulot, je vous assure

2/ Le Virtual Librarian de demain, prototype garanti ENSSIB, en pleine séance de chat, connecté à 35748322 usagers en même temps, et répondant sans suer une seconde à des questions incroyablement complexes comme : “Fromage ou Dessert ? ”

3/ Un DJ entré par hasard à la bibliothèque de l’ENSSIB, en train de mixer son prochain tube, “Index Dewey 999”

4/ L’homme qui fait tomber son portable en panne à force de manger au-dessus du clavier, et qui vient réparer sa machine dans les locaux de l’école.

La réponse est là …. Continue reading “Qui suis-je ?”

Österreich liest – Treffpunkt Bibliotheken

On dit ici que la lecture est essentielle pour le bon développement des enfants et des esprits…et que les bibliothèques ont un rôle à jouer à côté de l’école et des familles…mais on dit aussi que ce rôle est totalement sous-estimé… Le Büchereiverband Österreichs a donc lancé l’idée d’une Aktionswoche du 16 au 22 octobre à laquelle participent toutes les bibliothèques de toute l’Autriche…on (on, c’est moi) a ainsi pu, par exemple, assister à une conférence “Archive und Biblotheken als Speicher des kulturellen Gedächtnisses/Archives et bibliothèques comme entrepôt de la mémoire culturelle”, visiter la bibliothèque nationale sur le thème “Zeitung lesen und schmökern in der Nationalbibliothek/Lire le journal et bouquiner à la BN”, aider à la préparation d’une exposition à ma bibliothèque de slavistique : “Slawisches Wien” (d’ailleurs j’y suis encore ce vendredi à bientôt 19 heures), ou encore se rendre à la bibliothèque de mathématiques (?) où est annoncée pour ce soir une visite guidée de l’exposition “Berühmte BibliothekarInnen/Bibliothécaires célèbres”….et ce soir débute d’ailleurs “die lange Nacht der Bibliotheken/la longue nuit des bibliothèques”…et j’ai en plus appris ce matin que le marché de Noël de Vienne commençait le 18 novembre déjà….tant de bonnes nouvelles en une seule journée, c’en est presque trop…

Vive la semaine du goût !

Je m’excuse d’avance auprès de Solène, mais voici, à l’attention de Dominique, une nouvelle recette de la bibliothèque Carnegie pour susciter l’intérêt des lecteurs pour les fonds patrimoniaux, en l’occurence le fonds local d’une bibliothèque de province. 

Mercredi soir, tandis que dans ma petite chambre je m’arrachais les cheveux pour savoir quel agent de la bibliothèque risquerait sa vie pour sauver l’Evangéliaire slavon en cas d’incendie, un fumet appétissant me parvint du rez de jardin (oui, oui, comme à la Bn) et me rappela à une tâche plus sérieuse : assister à la conférence sur la gastronomie locale organisée à l’occasion de la semaine du goût. 

Le principe : un exposé sur les recettes les plus typiques de Champagne-Ardenne par deux des agents responsables du fonds local, photos à l’appui. Le tout régulièrement ponctué de réclame pour la bibliothèque, du genre : “Vous en saurez plus si vous venez consulter les ouvrages sur le sujet en salle de lecture”. Où l’on apprit, donc, que la ”cacasse à cul nu” est un plat ardennais à base de pommes de terre, confectionné dans l’ancien temps par les gens modestes qui ne pouvaient s’acheter de viande. Ou encore que le vin de Champagne (ne pas dire “Champagne” tout court !) est surnommé “le vin fou”. 

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Rétroconversion à Berlin, Munich et à la bib. nat. allemande

A la demande de Daniel, je colle ici un aperçu de la rétroconversion à Berlin (le lieu que je connais le mieux, augmenté de quelques données pour le reste), même si le tout n’a rien à voir avec mon actuel stage.

Die deutsche Bibliothek, depuis peu Die deutsche Nationalbibliothek (où va se réfugier l’influence culturelle française?), a un catalogue complet de 21 millions de volumes, recensant les collections de ses deux principaux sites: Leipzig (13,2 millions) et Francfort-sur-le-Main (7,8 millions). Il reste environ 1,2 million du Deutsches Musikarchiv qui ne sont pas compris dans le catalogue, parce qu’ils font l’objet d’un catalogue séparé. Continue reading “Rétroconversion à Berlin, Munich et à la bib. nat. allemande”